mercredi 27 février 2013

Mon iBite, ou comment je suis partie à l'assaut d'un des derniers bastions masculins

Faire pipi dans les bois, c'est un peu un traumatisme d'enfance: pendant des années, je m'en mettais une bonne partie sur les pieds. J'ai fini par apprendre à viser droit mais c'est toujours quelque chose que j'abordais avec appréhension. Jusqu'à la Révélation, au détour d'un blog traitant de voyage à vélo.

L'auteure de l'article y a testé trois peeing devices, nous permettant, à nous les fââââmes, de faire pipi debout, comme ces messieurs. Ni une ni deux, j'ai commandé la version rigide, le pStyle, qui avait sa préférence. Un petit test à la maison avec une panosse à portée de main (qui n'a pas servi) et me voilà partie avec mon homme et mon frère, le bout de l'engin dépassant fièrement de la poche arrière de mon maillot de vélo. Une centaine de kilomètres au programme, une météo frisquette, une pause-café chez un collègue sur la route, j'étais assurée de faire une démo en live. Au bout d'une heure et demie, ça n'a pas raté, j'ai réclamé une pause pipi. "Faut trouver un bout de forêt", dit mon frère, arborant l'air vaguement blasé qui sied à ce genre de circonstance. "Pas besoin, où tu pisseras, je pisserai." Je nous vois encore, à discuter le bout de gras en faisant notre affaire, au pied du col du Mollendruz. "Les gars, vous venez de perdre votre dernier privilège." Sauf qu'au sommet, enfer et damnation: l'objet était tombé de ma poche.

En rentrant, je me suis dit que 12 euros pour un bout de plastique semi-circulaire, c'était cher payé si ça devait être du mono-usage. J'ai fait travailler mes méninges, récupéré quelques bouteilles en plastique dans les sacs pour la déchetterie et attrapé une paire de ciseaux. Et mon intuition était la bonne: une bouteille coupée en deux dans le sens de la longueur fait très bien l'affaire, et pour pas un rond. Après quelques tests et ajustements, j'en suis arrivée à la conclusion que le meilleur rapport longueur - largeur - rigidité - capacité est offert par la bouteille d'Ov*m*ltine petit format. Je l'ai affectueusement baptisée mon iBite.

Les avantages d'une iBite sont doubles: premièrement, plus besoin de laisser traîner le fond du jean, voire du maillot de vélo (cuissard à bretelles oblige) par terre, en particulier quand le sol est mouillé. Secondement, comme on se déshabille à peine, plus besoin de chercher un endroit à couvert sur 360° (certaines s'en fichent de montrer leurs fesses, moi pas; traitez-moi de bégueule si vous voulez). Il faut juste prévoir un sachet de congélation pour le rangement et une bouteille d'eau pour le rinçage. Le seul moment un peu délicat est celui du retrait: il faut faire attention de basculer la chose vers l'avant pour terminer de la vider.

Les filles, n'attendez plus: l'insouciance en ballade peut être aussi simple qu'une bouteille en PET et un canif.

samedi 23 février 2013

L'envoi d'une chose non commandée...

L'année dernière, histoire de montrer ma volonté de m'intégrer dans mon nouvel environnement socio-culturel, j'ai participé à la course de l'Escalade (pas la Marmite, la Vraie, celle où l'on Souffre). Souvent, sur ce genre de manifestation, un photographe accrédité par l'organisateur vous proposera d'acheter les clichés qu'il a pris de vous à cette occasion. D'habitude, je recevais un mail m'invitant à consulter les photos et à télécharger les versions grande définition contre paiement, mail que j'ignorais poliment. Jusque là, je n'ai rien contre le procédé.

Là où ça devient quelque peu gonflé de la part de l'entreprise présente sur l'Escalade, c'est que j'ai reçu ce matin une photo papier en format 10x15, m'invitant à verser la modique (hem) somme de Fr. 14.- (hem) ou de renvoyer le cliché.

Comment dire? T'as raison, prends-moi pour une conne.

Comme le Législateur est un type prévoyant, il a concocté un article tout spécialement pour les petits malins dans ton genre qui pratiquent rien de moins qu'une forme d'extorsion light: l'article 6a du Code des obligations, libellé comme suit.
1 L’envoi d’une chose non commandée n’est pas considéré comme une offre.
2 Le destinataire n’est pas tenu de renvoyer la chose ni de la conserver.
3 Si l’envoi d’une chose non commandée est manifestement dû à une erreur, le destinataire doit en informer l’expéditeur.
Donc voilà, aucune obligation de payer ni de renvoyer quoi que ce soit. Mais je vais peut être profiter de l'enveloppe pré-affranchie pour les informer de ce qui précède, avec une facture de Fr. 100.- pour le conseil juridique. On sait jamais, sur un malentendu ça peut marcher.
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