vendredi 28 septembre 2012

Comment j'ai vidé la cour du château de Versailles

Quand on veut photographier un site très touristique, la plaie, c'est la foule. Ce n'est toutefois pas une fatalité et je connais deux techniques très simples pour le "vider" de tous ces emmerdeurs qui n'ont rien trouvé de mieux à faire que de visiter les mêmes endroits que vous, en même temps:
  • la fausse alerte à la bombe;
  • la pâte feuilletée.
Aujourd'hui, je vais vous parler de la deuxième technique.

Il vous faudra vous munir:
  • d'un appareil photo (qui l'eût cru)?
  • d'un trépied;
  • d'une heure de temps.
Une télécommande facilite grandement la tâche. Le résultat sera également meilleur si les conditions météorologiques sont stables: pas de vent ni de ciel changeant. Évitez l'aube et le crépuscule où la lumière change rapidement.

Choisissez soigneusement votre point de vue et installez votre matériel. Maintenant, prenez une photo toutes les 30 à 60 secondes environ. Pour la réussite de l'ensemble, il est capital que le cadrage reste identique au millimètre près, de la première à la dernière vue. Si vous êtes accompagné et que le site est particulièrement fréquenté, demandez à vos acolytes de vous ménager un espace vital. Plus il y a de monde, plus il vous faudra de vues distinctes. Fin de la première étape.


La seconde étape est celle du montage: ouvrez un logiciel de retouche d'image (peu importe lequel, il suffit qu'il gère les calques). Créez autant de calques que vous avez de vues et placez une vue par calque. En partant du calque supérieur, gommez les personnes qui se baladent, pour faire apparaître le calque inférieur. Si cette partie de calque est vierge de présence humaine, arrêtez là. Sinon, passez au calque inférieur et regommez.

Petit à petit, le site devrait se vider de tous ses visiteurs.

Et voilà le travail. Il ne reste plus que le groupe du fond, qui a moulé pendant toute la séance.

jeudi 20 septembre 2012

L'asile pour les déserteurs

Le 12 septembre 2012, le Conseil des Etats (pour mes lecteurs non suisses: la chambre haute du parlement fédéral, à ne pas confondre avec le Conseil d'Etat qui désigne, toujours en Suisse, le pouvoir exécutif cantonal) a approuvé une modification de la loi sur l'asile qui prévoit l'ajout d'un troisième alinéa en son article 3: Ne sont pas des réfugiés les personnes qui sont exposées à de sérieux préjudices ou qui craignent à juste titre de l’être au seul motif qu’elles ont refusé de servir ou déserté.

Cette modification vise directement les requérants d'asile érythréens et devrait entrer en vigueur en urgence au 1er octobre. Elle fait partie de la cohorte de mesures destinées à rendre la Suisse "moins attractive" qui se succèdent depuis la fin des années 1990, avec l'efficacité que l'on sait.

Je vais vous dire un secret: c'est pas encore pour cette fois.

Quelques lignes plus loin, l'article 5 alinéa 1 dispose que nul ne peut être contraint, de quelque manière que ce soit, à se rendre dans un pays où sa vie, son intégrité corporelle ou sa liberté seraient menacées pour l’un des motifs mentionnés à l’art. 3, al. 1, ou encore d’où il risquerait d’être astreint à se rendre dans un tel pays. Il s'agit de la concrétisation du principe de non-refoulement de l'article 33 de la convention de Genève relative aux réfugiés et qui ne souffre aucune exception (non, même pas celle de l'alinéa 2, mais ça, ce sera pour une autre fois).

On se trouve donc devant un joli conflit de normes que les tribunaux vont devoir dépatouiller.

Pourquoi les Érythréens, me direz-vous? Il se trouve que ce charmant pays bordant la mer Rouge est tenu d'une main de fer dans un gant de crin par un régime dictatorial au possible qui, au lendemain de son indépendance en 1993, a préféré partir latter la tronche à son ancien suzerain plutôt que de construire l'avenir de son peuple. Pour espérer tenir en respect un pays plus de dix fois plus peuplé, il pratique, entre autres, la conscription à vie à partir de 17 ans pour les hommes et un service obligatoire jusqu'au mariage pour les femmes. Tous ceux qui peuvent fuir ne s'en privent pas et ceux qui se font attraper sont mis à sécher au soleil pour l'exemple. Vous admettrez qu'entre gens de bonnes manières, ça ne se fait pas.

À ce sujet, le Tribunal administratif fédéral l'a dit et répété: le simple fait d'encourir des sanctions pénales pour désertion n'est pas un motif d'asile, il faut que la peine encourue soient constitutive de tortures ou de traitement inhumains et/ou dégradants. Ce qu'il a fini par admettre, dans le cas de l'Érythrée uniquement, dans un arrêt de 2005.

Tant que cette situation perdure, le renvoi d'un déserteur vers l'Érythrée restera contraire au principe de non-refoulement. Ils devraient donc bénéficier de l'admission provisoire prévue par l'article 83 alinéa 1 LAsi en lieu et place de l'asile. C'est un statut plus précaire et qui coûte tout aussi cher à la collectivité. Mais pour Alain Ribaux, député PLR, la modification a pour but de "montrer à la population que les autorités se préoccupent de cette question" (BO 10.052). Un alinéa foireux et dénué de portée concrète, pour faire croire à ceux qui ne sont pas au fait du droit des étrangers (soit 99% de la population) qu'on prend la situation par les cornes, c'est vrai que c'est pas très cher payé.

mercredi 19 septembre 2012

Salut chéri, je te présente mon NEX

Akoihsin, CC-0

En photo, le reflex offre probablement le meilleur compromis entre les diverses contraintes qui s'exercent et la taille du marché est telle que l'on y trouve à peu près toutes les optiques et accessoires imaginés, pour un meilleur rapport qualité prix que sur des secteurs plus confidentiels (amateurs de moyen format numérique, bonsoir).

Seulement voilà, il reste deux épines de taille pour pas mal de monde: un reflex, même petit, c'est encombrant et les haut de gamme peuvent être très lourd; le numérique et la quantité d'électronique embarquée avec n'ont rien arrangé sur ce dernier point, au contraire. Il y avait donc un marché pour les nombreux amateurs qui en avaient marre de se coltiner un âne mort mais qui ne voulaient pas renoncer à la polyvalence et à la qualité pour autant.

Le premier à s'y coller fut Panasonic, associé pour l'occasion à Olympus (ce dernier était déjà réputé pour ses boîtiers compact de haute facture du temps de l'argentique). Le Lumix DMC-G1 sortit en 2008. Il présentait toutefois deux inconvénients majeurs: celui du format 4/3, mal équilibré à mon goût (mais c'est personnel et ça peut se régler au recadrage) et, plus embêtant, une taille de capteur inférieure de 40% à l'APS-C, déjà elle-même inférieure au standard 24x36. Or, qui dit petit capteur dit grande profondeur de champ et surtout beaucoup de bruit à haute sensibilité. Ces boîtiers, dont certains sont fort élégants au demeurant, ne m'ont donc jamais réellement fait de l'oeil.

La donne a changé en juin 2010, quand Sony a annoncé avoir réussi à caser un capteur de la taille de celui d'un reflex dans un gros compact. Je savais vaguement que, même s'il n'en était pas question dans l'immédiat, j'en achèterais un. Un jour.

Ce jour est arrivé (tadaaaaaaam).

Je ne vais pas vous faire une revue complète du bidule, d'autres l'ont déjà très bien fait. Par contre, parce qu'on le voit moins souvent, je vais tenter de circonscrire les usages où il peut être aussi, voire plus intéressant qu'un reflex, et ceux où s'encombrer et se tasser une vertèbre ou deux en vaut encore la peine. Pour répondre un peu mieux à la question qu'on me pose souvent: "Je voudrais me (re)mettre à la photo, que me conseilles-tu?".

Photo de vacances / balade / randonnée / chouille

Probablement l'usage exclusif de 90% des amateurs (et qui fut longtemps le mien avant que je me retrouve à me geler régulièrement les miches au bord d'une patinoire ou d'un stade de foot), le NEX y fait des merveilles. Une belle dynamique, des photos sans bruit même à 1600 ISO, bref, la qualité et la souplesse du reflex pour le poids et l'encombrement d'un bridge. Si cette pratique est la seule qui figure sur votre cahier des charges mais que vous désirez aller plus loin que ce qu'un compact vous permet, n'hésitez plus. Vous trouverez des zooms standards et un grand angle lumineux, de quoi vous amuser un bon moment.

Reportage de rue

Beaucoup plus discret et moins agressif qu'un reflex, bien meilleur qu'un compact en basse lumière (et c'est fréquent sur ce créneau), l'autre raison de craquer pour un hybride.

Collections de musées

J'ai pu tester lors de mon dernier passage à Paris et, ma foi, en suis fort satisfaite. La profondeur de champ supérieure au plein format devient un avantage, la petite taille et l'aspect "pas trop pro" de la bestiole attire moins l'attention des gardiens et le bruit reste modéré même à 1600 ISO.

Photo événementielle / concert / mariage / etc

Là, j'avoue, je ne sais pas. Côté optiques, quelques focales fixes lumineuses sont dispos et doivent faire l'affaire. Je suis plus dubitative sur les performances de l'autofocus en très basse lumière et autres fumigènes mais je n'ai pas vraiment testé. Par ailleurs, on fait rarement des kilomètres sac au dos dans ce cas, le poids du reflex et des optiques classiques est donc moins un problème.

Photo de sport / d'action en général

Autant le dire tout de suite: oubliez. S'il y a un domaine où le viseur optique et l'autofocus à détection de phase ont encore leur mot à dire et le disent bien, c'est celui-là.

Macro / archi / optiques à la con

En l'état actuel de la technique, je ne vois pas ce qui peut empêcher un hybride d'obtenir de très bons résultats dans ces domaines. Ces optiques n'existent pas en natif et le trou sera peut-être bouché demain, l'année prochaine ou jamais. En attendant, tout une série de bagues adaptatrices permettent d'offrir une nouvelle vie à de vieux bijoux de famille et de faire des mariages quelque peu contre-nature, mais pas sans charme. De plus, le faible tirage des hybrides n'esquinte pas la mise au point à l'infini. Amis des brocantes, lâchez-vous.
Nex 5C + Leica 50mm Summilux
Andrew Xu, CC-by-sa 2.0

Vidéo

C'est aussi ce qui m'a attirée chez mon NEX. J'avais tenté la vidéo avec le Canon 5D mark II mais sans autofocus, il faut une troisième main ou régler l'ouverture sur l'hyperfocale. Pour le sport, je monte un Sigma 70-210 4.5-5.6 qui est une bonne optique mais trop lente et trop peu lumineuse pour la photo d'action.
video

Initiation et apprentissage

Là-dessus, je n'ai pas encore d'avis. J'ai pour habitude de conseiller un reflex d'entrée de gamme, qui est modulable à volonté, peu importe la marque. Mais on me pose souvent la question de l'hybride, qui fait presque tout comme les grands pour un peu moins cher. Oui mais voilà, tout est dans le "presque". Si mon apprenti photographe n'a aucune intention de s'aventurer dans ce "presque", à savoir, principalement, la photo d'action, la macro et autres optique exotiques, aucun problème. S'il se découvre une passion pour les Grand prix moto ou les libellules après six mois, j'aurai sur la conscience de lui avoir fait dépenser de l'argent pour rien.

Mon autre préoccupation est celle de l'apprentissage. J'a appris la photo sur de gros reflex avec de gros boutons bien visibles et facilement accessibles. Loin de prétendre qu'il s'agisse de la seule méthode valable, je suis tout simplement incapable de savoir s'il est plus facile / plus difficile / équivalent d'apprendre sur un boîtier dont plusieurs fonctions sont basculées dans des menus - en même temps, c'est aussi le cas sur de nombreux boîtiers reflex. J'apprécierais beaucoup de recevoir des avis de personne dont un hybride fut le premier boîtier ainsi qu'un petit topo sur leur usage: utilisez-vous principalement le mode tout automatique? Les modes "programme"? La priorité à l'ouverture / vitesse? Etc.

Voilà, j'espère avoir fait globalement le tour de la question. N'hésitez pas à poser des questions ou rapporter votre propre expérience en commentaires.

mardi 18 septembre 2012

Redressement de perspective

Quiconque a déjà photographié des bâtiments s'est trouvé confronté à des problèmes de distorsion de perspective. Ce phénomène optique apparaît lorsque le plan de la surface sensible (pellicule ou capteur numérique) n'est pas parallèle au sujet. Mais n'est pas une fatalité.

1. À la prise de vue

Pensez à cadrer suffisamment large, les manipulation qui vont suivre rogneront passablement les bords de votre image.

2. Avec Gimp

Commencez par placer des repères verticaux le long des murs. 
Puis sélectionnez l'outil "Perspective".
Maintenant, tirez le coin supérieur gauche vers l'extérieur, jusqu'à ce que le mur gauche s'aligne avec le repère. Faites bien attention de ne pas tirer vers le haut ni vers le bas.
Faites de même à droite et cliquez sur "Transformer".
Et voilà le travail !

3. Avec Lightroom

Avec Lightroom, c'est encore plus rapide.

Dans l'onglet "Développement", descendez jusqu'à la palette "Corrections de l'objectif". Sous la rubrique "Manuel", déplacez le curseur "Vertical" sur la gauche jusqu'à ce que le résultat vous convienne. C'est tout !
Cinq ans après avoir lâchement abandonné mon premier blog dans la nature, je retente le coup. Je pense avoir trouvé ma ligne éditoriale, qui manquait cruellement au précédent. Il faut bien avouer que vieillir ne colle pas seulement des rides, ça permet aussi d'avoir des trucs à dire. Régularité et discipline risquent, elles, de me faire défaut tout autant qu'avant et je le sais. Seul l'avenir me dira ce que le futur me réserve.
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